De nombreux compositeurs ont mis en musique des poèmes de Louis Aragon. Parmi les plus connus, on peut citer Léo Ferré (L'Affiche rouge, Est-ce ainsi que les
hommes vivent ?...), Georges Brassens (Il n'y a pas d'amour heureux), Jean Ferrat (Que serais-je sans toi ? Nous dormirons ensemble...), Charles Léonardi (Maintenant
que la jeunesse), etc...
L’Etrangère
(Aragon - Ferré)
Il existe près des écluses Un bas quartier de bohémiens Dont la belle jeunesse s'use À démêler le tien du mien En bande on s'y rend en voiture, Ordinairement au mois d'août, Ils disent la bonne aventure Pour des piments et du vin doux
On passe la nuit claire à boire On danse en frappant dans ses mains, On n'a pas le temps de le croire Il fait grand jour et c'est demain. On revient d'une seule traite Gais, sans un sou, vaguement gris, Avec des fleurs plein les charrettes Son destin dans la paume écrit.
J'ai pris la main d'une éphémère Qui m'a suivi dans ma maison Elle avait des yeux d'outremer Elle en montrait la déraison. Elle avait la marche légère Et de longues jambes de faon, J'aimais déjà les étrangères Quand j'étais un petit enfant !
Celle-ci parla vite vite De l'odeur des magnolias, Sa robe tomba tout de suite Quand ma hâte la délia. En ce temps-là, j'étais crédule Un mot m'était promission, Et je prenais les campanules Pour des fleurs de la passion
À chaque fois tout recommence Toute musique me saisit, Et la plus banale romance M'est éternelle poésie Nous avions joué de notre âme Un long jour, une courte nuit, Puis au matin : "Bonsoir madame" L'amour s'achève avec la pluie.
Je vous propose quelques versions de cette chanson. Bonne écoute !
Vous avez tous entendu parler de ce petit opuscule écrit par Stéphane Hessel et dont je vous conseille la lecture. Au hasard de mes promenades sur la toile, j'ai
découvert un double album qui rassemble les chansons de chanteurs indignés. La présentation (couleur, texte en filigrane, police...) est identique. A vrai dire, je n'ai pas recherché le rapport
qu'il pouvait y avoir entre les deux .
Si vous voulez connaître le contenu de ce double album, vous pouvez vous rendre ici. Certes, rien de bien nouveau ! Beaucoup de chansons connues !
Je vous propose un extrait de cet album : une chanson de Michel Bühler "Les poissons sont des cons".
Y a deux poissons dans mon étang
Ça va nageant, ça vit content
Ça se croise par-ci par-là
Un p'tit salut, un p'tit "Ça va ?"
Deux tout jolis mignons poissons
Qu'ont tout plein de place pour s'ébattre
Si bien qu'ils se sont dit "Croissons !"
Le lendemain, ils étaient quatre
Y a quatre poissons dans mon étang
On s' voit de loin mais plus souvent
Dessous les feuilles des nénuphars
Ou quand on prend le frais, le soir
"Ma chère comment allez-vous ?
Et les enfants ? Ca viendra vite !
Plus tard, ils prendront soin de nous"
Le lendemain, ils étaient huit
Y a huit poissons dans mon étang
Qui r'muent la queue en gigotant
C'est pas encore un club de foot
Mais ça fait du monde qui glougloute
Et qui zigzague, joyeux foutoir
Les maigrichons frôlent les balèzes
Que chatouillent les p'tits rigolards
Le lendemain, ils étaient seize
Y a seize poissons dans mon étang
Qui chassent les mouches et les vers blancs
Ça gobe, ça croque et ça avale
C'est des gloutons, c'est des morfales
On aurait tort de se priver
De la graille, y en a tant qu'on veut
Y a qu'à se servir, y a qu'à s' bâfrer
Le lendemain, z'étaient trente-deux
Sont cinq cent douze quelques jours plus tard
Commence à y avoir un écart
Entre quelques poissons nantis
Et la masse des plus petits
"Eh, c'est la nature et ses lois"
Disent d'éminents poissons savants
"Certains ont des besoins plus grands
D'autres mérites ou d'autres droits"
On pourrait penser qu'au moment
Où ils s' trouvent plus d' mille dans l'étang
Bien qu'ils aient pas inventé l'eau tiède
Il se trouve un poisson qui plaide
Pour qu'on réfléchisse un p'tit peu
Y a moins d' plancton, moins d'asticots
Mais réfléchir, mon bon monsieur,
C'est trop d'mander à ces bestiaux
Les v'là huit mille et des poussières
Dans mon étang et ça se serre
Mais sans s'inquiéter pour autant
La poiscaille, ça vit au présent
Changer d'art de vivre, jamais
Y a pas d'autre route et d'ailleurs
Celui qui n' croit pas au progrès
Qu'il aille se faire pêcher ailleurs !
Combien sont-ils ? On ne sait pas
Un tas, une foule, un magma
Qui remplit quasi tout l'étang
Et qui se dit "Et maintenant ?
Eh bien, amis, croissons, croissons
On fait ça d'puis la nuit des temps
Y a qu' ça qu'est vrai, y a qu' ça qu'est bon
Hardis, haut les cœurs, en avant !"
Y a plus d' poissons, y a plus d'étang
Rien qu'un gros trou un peu puant
Où même les chats ne rodent plus
Ou alors ceux qui s' sont perdus
Plus d' papillons, plus de roseaux
Plus d' libellules jouant sur l'eau
Si vous voulez mon opinion
Les poissons sont des cons !
Pour l'Amandier, les 3 jours des Brassensiades représentent le temps fort de l'année. 2012 sera un grand cru. Il suffit en effet de lire la
plaquette de la manifestation dans laquelle vous trouverez le programme complet de ces journées et... le "mode d'emploi".
Qu'en pensez-vous ?