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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 11:11

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En écoutant les actualités ces temps-ci, je pense que nos "responsables" politiques seraient bien inspirés de venir visiter mon blog aujourd'hui pour réécouter cette chanson de Théodore Botrel.

 

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Pardon, monsieur le métayer 
Si de nuit je dérange, 
Mais je voudrais bien sommeiller 
Au fond de votre grange ? 
Mon pauvre ami, la grange est pleine 
Du blé de la moisson, 
Donne-toi donc plutôt la peine 
D'entrer dans la maison ! 

Mon bon Monsieur, je suis trop gueux, 
Quel gâchis vous ferais-je ! 
Je suis pieds nus, sale et boueux 
Et tout couvert de neige ! 
Mon pauvre ami, quitte bien vite 
Tes hardes en lambeaux : 
Pouille-moi ce tricot, de suite 
Chausse-moi ces sabots ! 

De tant marcher à l'abandon 
J'ai la gorge bien sèche, 
Mon bon monsieur, baillez-moi donc 
Un grand verre d'eau fraîche ! 
L'eau ne vaut rien lorsque l'on tremble, 
Le cidre... guère mieux : 
Mon bon ami, trinquons ensemble, 
Goûte moi ce vin vieux ! 

Mon bon monsieur, on ne m'a rien 
Jeté le long des routes, 
Je voudrais avec votre chien 
Partager deux, trois croûtes ! 
Si depuis ce matin tu rôdes, 

Tu dois être affâmé 
Voici du pain, des crêpes chaudes, 
Voici du lard fumé ! 

Chassez du coin de votre feu 
Ce rôdeur qui ne bouge. 
Etes-vous "Blanc" ? Etes-vous "Bleu" ? 
Moi, je suis plutôt "Rouge" ! 
Qu'importent ces mots : République, 
Commune ou Royauté" : 
Ne mêlons pas la Politique 
Avec la charité ! 

Puis, le métayer s'endormit, 
La minuit étant proche. 
Alors, le vagabond sortit 
Son couteau de sa poche. 
L'ouvrit, le fit luire à la flamme, 
Puis, se dressant soudain, 
Il planta sa terrible lame 
Dans... la miche de pain ! 

Au matin-jour le gueux s'en fut 
Sans vouloir rien entendre 
Oubliant son couteau pointu 
Au milieu du pain tendre : 
Vous dormirez en paix, ô riches ! 
Vous et vos capitaux, 
Tant que les gueux auront des miches 
Où planter leurs couteaux !!!

Par Pierrot - Publié dans : Chanson et histoire - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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