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Télérama - Musique

13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:46

Une chanson de Jean Richepin sur une musique de Lucien Durand. Elle fut interprétée par Damia, E. Piaf, Barbara, A. Mestral...


Le texte fut écrit en 1891 et il parut en1899 dans le recueil de Jean Richepin "La bombarde - Contes à chanter".


J'aime beaucoup ce genre de "chanson fresque", une sorte de danse macabre. D'ailleurs le sous-titre de cette chanson est : "Galop macabre". Une chanson hors du temps et qui, finalement, ne porte pas les stigmates du temps comme beaucoup de chansons de cette époque. Ce n'est que mon avis ! 

 

Enfin, mon but n'était pas de "plomber" votre journée.   

 


P540.jpg

 

 


 


Sur les noirs chevaux sans mors, 
Sans selle et sans étriers, 
Par le royaume des morts
Vont deux blancs ménétriers.
Ils vont un galop d'enfer, 
Tout en raclant leur crincrin
Avec des archets de fer, 
Ayant des cheveux pour crin.
Au fracas des durs sabots, 
Au rire des violons, 
Les morts sortent des tombeaux.
Dansons et cabriolons !

Et les trépassés joyeux
S'en vont par bonds et soufflant, 
Avec une flamme aux yeux, 
Rouge dans leurs crânes blancs.
Et les noirs chevaux sans mors, 
Sans selle et sans étriers
Font halte et voici qu'aux morts
Parlent les ménétriers :

Le premier dit, d'une voix
Sonnant comme un tympanon :
"Voulez-vous vivre deux fois ?
Venez, la Vie est mon nom !"
Et tous, même les plus gueux
Qui de rien n'avaient joui, 
Tous, dans un élan fougueux, 
Les morts ont répondu : "Oui !"

Alors l'autre, d'une voix
Qui soupirait comme un cor, 
Leur dit : "Pour vivre deux fois, 
Il vous faut aimer encor !
Aimez donc ! Enlacez-vous !
Venez, l'Amour est mon nom !"
Mais tous, même les plus fous, 
Les morts ont répondu : "Non !"

Et leurs doigts décharnés, 
Montrant leurs cœurs en lambeaux, 
Avec des cris de damnés, 
Sont rentrés dans leurs tombeaux.
Et les blancs ménétriers
Sur leurs noirs chevaux sans mors, 
Sans selle et sans étriers, 
Ont laissé dormir les morts.

 


" Le romancier et poète Jean RICHEPIN se plaisait à  se proclamer le

descendant d’anciens nomades qui auraient fait souche en Thiérache.

 

 Il aimait aussi évoquer les longs cheminements à  travers la

France de son  grand-père paternel, le serrurier Michel BESCHEPOIX,

qui avait été compagnon du Devoir. Se cherchant de plus lointains

ancêtres itinérants, il prétendait avoir découvert dans les Archives,

au début du XVIe siècle un RICHEPIN  "d’erratique extrace, violoneux

ménétrier ".

 Et comme encore cela ne lui suffisait pas, il inventa (suivant les

termes d’Emile MALE) une curieuse "théorie ethnographique"  en

se proclamant touranien.

 

 

 Tous les nomades, tous les itinérants plaisaient à  RICHEPIN. Ainsi

les chemineaux (le mot apparaît en 1853). C’étaient des vagabonds

errant isolément dans les campagnes, vivant surtout de mendicité,

rendant parfois de menus services. Ils passaient pour être les

auteurs de signes conventionnels marqués à  la craie sur les façades

des maisons, signalant aux confrères que dans telle demeure, on

 pouvait recevoir l’aumône que dans telle autre on était mal accueilli,

que les habitants étaient riches ou avares, ou trop pauvres,

qu’il fallait se montrer devôt en sonnant à  la porte, que la ville était

dangereuse pour les nomades, et la police sévère."

 

Extrait d'un article de François de Vaux de Foletier, spécialiste éminent de l'histoire des tziganes en Europe.

On peut lire la totalité de cette étude ici :

 

www.histoireaisne.fr/memoires_numerises/.../Tome_029_page_191.pdf

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Published by Pierrot - dans Chanson et poésie
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