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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 22:02

Cet été, j'ai lu le livre "L'oreille en fièvre" d'Oswald d'Andréa (dont je vous ai déjà parlé et dont je vous reparlerai). Il relate, entre autres, ses collaborations avec nombre d'artistes. Parmi eux, Catherine Sauvage. Cela m'a donné envie de réécouter ses interprétations. Ici, Madame la Misére de Léo Ferré. 

Catherine Sauvage (née Jeanine Saunier à Nancy en 1929 et décédée en 1998) est comédienne, et débute presque par hasard une carrière dans la chanson au Boeuf sur le Toit, en interprétant le répertoire de Marianne Oswald, et dans les cabarets de la Rive Gauche. Georges Brassens dit d'elle : « Elle ne chante pas, elle mord », et en effet sa gouaille, son ton toujours forcé, son talent d'interprétation en font une interprète majeure de la chanson française.

Marguerite Duras a dit d'elle : « Chanteuse d'amour, de révolte, de larmes, elle a une voix sauvage d'une redoutable exactitude qui frappe en plein cœur. » Catherine Sauvage ou l'archétype de la chanteuse rive gauche, de l'artiste engagée, compagnon de route du Parti communiste, épouse un temps de Pierre Brasseur, passionnée de poésie, bref, un genre comme on n'en fait plus…

Texte extrait de sa biographie sur le site de Deezer

 

Catherine-Sauvage.jpg

 

 

 

Madame la Misère écoutez le vacarme
Que font vos gens le dos voûté la langue au pas
Quand ils sont assoiffés il se soûlent de larmes
Quand ils ne pleurent pas ils crèvent sous le charme
De la nature et des gravats

Ce sont des suppliciés au ventre translucide
Qui vont sans foi ni loi comme on le dit parfois
Régler son compte à Monseigneur Ephéméride
Qui a pris leur jeunesse et l'a mise en ses rides
Quand il ne leur restait que ça

Madame la Misère écoutez le tumulte
Qui monte des bas-fonds comme un dernier convoi
Traînant des mots d'amour avalant les insultes
Et prenant par la main leurs colères adultes
Afin de ne les perdre pas

Ce sont des enragés qui dérangent l'histoire
Et qui mettent du sang sur les chiffres parfois
Comme si l'on devait toucher du doigt pour croire
Qu'un peuple heureux rotant tout seul dans sa mangeoire
Vaut bien une tête de roi

Madame la Misère écoutez le silence
Qui entoure le lit défait des magistrats
Le code de la peur se rime avec potence
Il suffit de trouver quelques pendus d'avance
Et mon Dieu ça ne manque pas

Par Pierrot - Publié dans : A (re)découvrir - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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