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Chanson au quotidien

Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 08:05

Quand Claude Nougaro rencontre Dee Dee Bridgewater, on peut s'attendre à de "bonnes choses"...

 


NOUGARO / BRIDGEWATER - LA PLUIE - LIVE HQ par THE-GRAND-WAZOO

 

La pluie fait des claquettes
Sur le trottoir à minuit
Parfois je m'y arrête
Je l'admire, j'applaudis
Je suis son chapeau claque
Son queue-de-pie vertical
Son sourire de nacre
Sa pointure de cristal

Bip, bip, bip, ... , la pluie

Aussi douce que Marlène
Aussi vache que Dietrich
Elle troue mon bas de laine
Que je sois riche ou pas riche
Mais quand j'en ai ma claque
Elle essuie mes revers
Et m'embrasse dans la flaque
D'un soleil à l'envers

Bip, bip, bip, ... , la pluie

Avec elle, je m'embarque
En rivière de diamant
J'la suis dans les cloaques
Où elle claque son argent
Je la suis sur la vitre
D'un poète endormi
La tempe sur le titre
Du poème ennemi

Bip, bip, bip, ... , la pluie

A force de rasades
De tournées des grands ducs
Je flotte en nos gambades
La pluie perd tout son suc
Quittons-nous dis-je c'est l'heure
Et voici mon îlot
Salut, pourquoi tu pleures
Parce que je t'aime, salaud

Bip, bip, bip, ...

La pluie fait des claquettes
Sur le trottoir à minuit

Par Pierrot - Publié dans : Chanson au quotidien - Communauté : Nos années vinyles oubliés
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 16:32

Voilà un texte de Georges Brassens, intitulé "Le discours des fleurs". Ce texte été mis en musique par Eric Zimmermann. Un couplet est consacré au muguet du 1er mai.

 

muguet.jpg

 

Sachant bien que même si
Je suis amoureux transi,
Jamais ma main ne les cueille
De bon coeur, les fleurs m'accueillent.
Et m'esquivant des salons,
Où l'on déblatère, où l'on
Tient des propos byzantins,
Je vais faire un tour au jardin.

Car je préfère, ma foi,
En voyant ce que parfois,
Ceux des hommes peuvent faire,
Les discours des primevères.
Des bourdes, des inepties,
Les fleurs en disent aussi,
Mais jamais personne en meurt
Et ça plaît à mon humeur.

Le premier Mai c'est pas gai,
Je trime a dit le muguet,
Dix fois plus que d'habitude,
Regrettable servitude.
Muguet, sois pas chicaneur,
Car tu donnes du bonheur,
Pas cher à tout un chacun.
Brin de muguet, tu es quelqu'un.


Mon nom savant me désole,
Appelez-moi tournesol,
Ronchonnait l'héliotrope,
Ou je deviens misanthrope.
Tournesol c'est entendu,
Mais en échange veux-tu
Nous donner un gros paquet
De graines de perroquet ?

L'églantine en rougissant
Dit : ça me tourne les sangs,
Que gratte-cul l'on me nomme,
Cré nom d'un petit bonhomme !
Églantine on te promet
De ne plus le faire, mais
Toi tu ne piqueras plus.
Adjugé, marché conclu.

Les "je t'aime un peu beaucoup",
Ne sont guère de mon goût,
Les serments d'amour m'irritent,
Se plaignait la marguerite.
Car c'est là, mon infortune,
Aussitôt que débute une
Affaire sentimentale,
J'y laisse tous mes pétales.

Un myosotis clamait :
Non je n'oublierai jamais,
Quand je vivrais cent ans d'âge,
Mille ans et même davantage.
Plein de souvenance allons,
Cent ans c'est long, c'est bien long,
Même vingt et même dix,
Pour un seul myosotis.

Mais minuit sonnait déjà,
Lors en pensant que mes chats,
Privés de leur mou peuchère,
Devaient dire : "Il exagère".
Et saluant mes amies
Les fleurs, je leur ai promis
Que je reviendrais bientôt.
Et vivent les végétaux !

Car je préfère ma foi,
En voyant ce que parfois,
Ceux des hommes peuvent faire,
Les discours des primevères.
Des bourdes, des inepties,
Les fleurs en disent aussi,
Mais jamais personne en meurt,
Et ça plaît à mon humeur.

 


discours de fleurs integrale 2009 par ariane1981

 

Le discours des fleurs avec Bruno Granier

 

Par Pierrot - Publié dans : Chanson au quotidien - Communauté : CHANSON FRANCAISE
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 18:40

 

Au milieu des turbulences de l'actualité, écoutons Jacques Yvart et Louis Aragon.

Sans commentaires.


la-colombe-symbole-de-paix-et-du-st-esprit.jpg

 


 

Je dis la paix pâle et soudaine
Comme un bonheur longtemps rêvé
Comme un bonheur qu’on croit à peine 
Avoir trouvé

Je dis la paix comme une femme
J’ouvrais la porte et tout à coup
Ses deux bras autour de mon âme 
Et de mon cou

Je dis la paix cette fenêtre
Qui battit l’air un beau matin
Et le monde ne semblait être 
Qu’odeur du thym

Je dis la paix pour la lumière
À tes pas dans cette saison
Comme une chose coutumière 
À la maison

Pour les oiseaux et les branchages
Verts et noirs au-dessus des eaux
Et les alevins qui s’engagent 
Dans les roseaux

Je dis la paix pour les étoiles
Pour toutes les heures du jour
Aux tuiles des toits et pour toi 
L’Ombre et l’amour 

Je dis la paix aux jeux d’enfance
On court on saute on crie on rit
On perd le fil de ce qu’on pense
Dans la prairie

Je dis la paix mais c’est étrange
Ce sentiment de peur que j’ai
Car c’est mon cœur même qui change
Léger léger

Je dis la paix vaille que vaille
Précaire fragile et sans voix
Mais c’est l’abeille qui travaille
Sans qu’on la voie

Rien qu’un souffle parmi les feuilles
Une simple hésitation
Un rayon qui passe le seuil
Des passions

Elle vacille elle est peu sûre
Comme un pied de convalescent
Encore écoutant sa blessure
Son sang récent

La guerre a relâché ses rênes
La guerre a perdu la partie
Il en reste un son sourd qui traîne
Mal amorti

Ce sont les chars vers les casernes
Qui font encore un peu de bruit
Nous danserons dans les luzernes
Jusqu’à la nuit

Tu vas voir demain tu vas voir
Les écoliers dans les préaux
En ce beau temps à ne plus croire
La météo

On va bâtir pour la jeunesse
Des maisons et des jours heureux
Et les amours voudront que naissent
Leurs fils nombreux

On reconstruira par le monde
Les merveilles incendiées
La vie aura la taille ronde
Sans mendier

Enfin veux-tu que j’énumère
Les Versailles que nous ferons
Les airs peuplés par les chimères
De notre front

Et l’immense laboratoire
Où les miracles sont humains
Et la colombe de l’Histoire
Entre nos mains

Je sais je sais Tout est à faire
Dans ce siècle où la mort campait
Et va voir dans la stratosphère
Si c'est la paix

Éteint ici là-bas qui couve
Le feu court on voit bien comment
Quelqu'un toujours donne à la louve
Un logement

Quelqu'un toujours quelque part rêve
Sur la table d'être le poing
Et sous le manteau de la trêve
Il fait le point

Je sais je sais ce qu'on peut dire
Et le danger d'être endormi
L'homme au Zénith et le navire
A l'ennemi

Je sais mais c'est la Paix quand même
Le recul du monstre devant ce que je défend
Ce que j'aime toujours vivant
C'est la Paix dont les peuples savent obscurément
Tous plus ou moins contre le maître
Et pour l'esclave qu'elle est témoin

C'est la paix des peuples
Où sourd l'eau profonde des libertés
C'est aux sciences des tambours
Pour le mai planté

C'est la paix et couleur de la fleur
Où le meurtre porte son nom
A qui le voile de l'aveugle
Dit non

C'est la paix qui force le crime
À s'agenouiller dans l'aveu
Et qui crie avec les victimes
Cessez le feu

Merci à mes "amis de chanson" pour leurs idées lumineuses.

Par Pierrot - Publié dans : Chanson au quotidien - Communauté : Musique et chansons
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